Activités

DEVOILER L'AILLEURS. Correspondances, carnets et journaux intimes de voyages

DEVOILER L'AILLEURS. Correspondances, carnets et journaux intimes de voyages

TABLE DES MATIERES

Laurent Tissot, Patrick Vincent et Jacques Ramseyer
Avant-propos

Laurent Tissot
Introduction

  • Sous l'oeil du savant

Nathalie Vuillemin, Les silences du voyageur : Joseph de Jussieu au Pérou (1736-1771)
Thierry Malvesy, (avec Noëlle Avelange et Françoise Valence), « Notes de voyage prises à bâtons rompus : Suisse et Italie, Juillet et août 1860 » ou le voyage en Suisse du naturaliste franc-comtois Charles-Louis Contejean (1824-1907)
Marcel S. Jacquat, La Mission scientifique suisse en Angola à travers le journal tenu par Marcel Borle (1928-1929)

  • Du coeur du voyage au coeur du récit

Patrick Vincent, Voir la Suisse avec Papa et Maman : les jeunes Britanniques sur le Grand Tour (1790-1850)
Fiona Fleischner, L’écriture ordinaire du voyage en Suisse romande (1750-1830) : entre souvenirs personnels et guides pratiques
Nicolas Liénert, Le « Souvenir de Sicile » de Fritz de Perregaux (1857)

  • Par le texte et par l'image

Jean-Blaise Junod et Philippe Vuilleumier, Carnets de voyage : les carnets retrouvés de Walther Fol (1864-1865)
Joël Jornod, Revivre et faire vivre l’Himalaya. L’expédition de Jules Jacot-Guillarmod au K2 en textes et en images (1902)
Sarah Besson-Coppotelli, Le dernier voyage d’Edouard Jeanmaire : la Norvège et le Spitzberg (1912)

  • Souvenirs de vacances

Laurent Tissot, « Voir la mer ». Tourisme automobile et jeunesse neuchâteloise à la conquête de la Côte d’Azur (1936)
Jacques Ramseyer, Un récit de voyage ordinaire à bord d’un paquebot de légende (1939)
Sylvie Béguelin et Gérard Donzé, Jeanne et Aldo Martignoni-Donzé : un voyage aux Etats-Unis dans les années 1960

  • En guise de conclusion

Benoît Vivien, Impressions de voyage (2013-2014)

Notices biographiques des auteurs

Sur cet ouvrage, voir le compte rendu paru dans le journal en direct (en ligne) de l'Université de Franche-Comté :

http://endirect.univ-fcomte.fr


TOBIAS HOFSTETTER,

TOBIAS HOFSTETTER, "Les années 1939-1942 vues à travers la production épistolaire d'un jeune Chaux-de-Fonnier résidant…

Cet article étudie un corpus de 29 lettres de Philippe Gander (1917-2005) que ce dernier écrit à sa mère à La Chaux-de-Fonds du 7 février 1939 au 31 mai 1942. Ce fonds d'archives a été remis aux AVO en 2005 par la fille de Philippe Gander.

Quand il s'installe à  Zurich en 1939, Philippe Gander est un jeune employé d'une petite entreprise de chimie. Sa correspondance le montre comme un fervent chrétien, un opposant au national-socialisme, un amateur d'activités culturelles autant que sportives. Comme l'écrit l'auteur, "le développement d'une microhistoire basée sur la vie de Philippe Gander devrait nous permettre d'esquisser une histoire processuelle... qui se focalise sur la construction, le développement et le déroulement des faits historiques de la période 1939-1942 en Suisse...".

Tobias Hofstetter distingue trois axes dans la correspondance de Philippe Gander :

  • le témoignage d'une jeunesse aisée sur sa vie culturelle, sportive, professionnelle, avec - dans le cas de Philippe Gander - une pratique régulière de la radiotransmission (comme loisir et dans le cadre militaire);
  • la manière dont une "élite intellectuelle" mène sa vie sociale et militaire, dont elle réfléchit à l'actualité et à son engagement (évolution de la guerre, Ligue du Gothard, plan Wahlen, questions économiques et sociales);
  • un exemple de vie associative chrétienne, avec ses considérations sur la religion et son rôle dans le société, notamment en temps de guerre.

L'auteur met en perspective avec profit ces trois axes au fil du temps de cette correspondance, sans jamais oublier de contextualiser celle-ci.


Sous la dir. de Jacques Ramseyer, DEVOILER L'AILLEURS. Correspondances, carnets et journaux intimes de voyages, Alphil,…

Cette publication de 264 pages, abondamment illustrée, rassemble 12 contributions sur le thème du récit de voyage, toutes basées sur l'étude d'archives privées, dans la suite du colloque organisé par les AVO et l'Université de Neuchâtel les 8 et 9 novembre 2018 pour marquer le 15e anniversaire de la création des Archives de la vie ordinaire.

175e ANNIVERSAIRE 1er MARS 1848, revue Passé simple no 82, février 2023

175e ANNIVERSAIRE 1er MARS 1848, revue Passé simple no 82, février 2023

Les AVO ont été sollicités pour rédiger le dossier de la revue PASSE SIMPLE entièrement consacrée au 175e anniversaire de la Révolution neuchâteloise. Les textes ont été rédigés principalement par Nicolas Liénert, David Jucker, Jacqueline Rossier et Françoise Bonnet Borel. L'édition se signale aussi par sa très riche iconographie.

CARNETS ET RECITS DE VOYAGE

Colloque organisé pour le 15e anniversaire des AVO en collaboration avec l'Université de Neuchâtel et le Musée d'ethnographie de Neuchâtel

Lecture à plusieurs voix des meilleures pages de correspondances et récits de voyage conservés aux AVO

Lundi 5 novembre 2018, 18h30, Neuchâtel, Salle de lecture de la BPU, dans le cadre des "Lundis des mots"

« ME VOILA DE NOUVEAU LANCE DANS LES ESPACES... »

Aujourd’hui un milliard de touristes parcourent la planète chaque année. Entre 1850 et 1950, les gens étaient bien plus rares à partir, par nécessité plus souvent que par goût. Quelques-uns d’entre eux ont laissé un récit, recueilli par les Archives de la vie ordinaire, de leur voyage en train ou en bateau, à destination des pays d’Europe ou au-delà des mers. Nous vous invitons à les suivre dans leurs humeurs, dans leurs approches multiples de l’autre et de l’ailleurs. Un siècle de pérégrinations, de l’Allemagne voisine à la lointaine Polynésie, en passant par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Conférence de Jacques Ramseyer, conservateur des AVO, à l'Université du 3e âge

Vendredi 2 novembre 2018, 14h15, Neuchâtel, Aula de l'Université

Mercredi 21 novembre 2018, 14h30, Fleurier, Collège du Val-de-Travers

Vendredi 27 novembre 2018, 14h15, La Chaux-de-Fonds, Aula du CIFOM

AU TEMPS DES PAQUEBOTS : QUAND DES CHAUX-DE-FONNIERS EMBARQUAIENT À BORD DU « NORMANDIE »…

L’histoire du mythique paquebot « Normandie » sera replacée dans le contexte de la grande époque des voyages transatlantiques. Nous embarquerons ensuite avec Blaise Cendrars, l’écrivain natif de La Chaux-de-Fonds qui participa au voyage inaugural du navire, du Havre à New York, en 1935, comme correspondant de presse. Puis nous repartirons sur la même ligne avec Marie-Caroline Bourquin-Jaccard. Cette Chaux-de-Fonnière a en effet rédigé dans un carnet de bord conservé aux Archives de la vie ordinaire le récit de l’aller-retour accompli avec son époux sur le « Normandie » en été 1939, au moment de l’Exposition universelle de New York. L’exposé sera largement illustré.


Entre écrits personnels et discours sur le monde, correspondances, carnets et récits de voyage

Jeudi 8 et vendredi 9 novembre 2018, Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Neuchâtel, Espace Louis-Agassiz 1, 2000 Neuchâtel

Voir le programme détaillé ci-joint.


DES NEUCHATELOIS ET DES NEUCHATELOISES VENUS D'AILLEURS

en 2006, DES NEUCHATELOIS ET DES NEUCHATELOISES VENUS D'AILLEURS, à l'Office de la Statistique de Neuchâtel où les AVO se sont associées aux manifestations mises sur pied par le canton de Neuchâtel sur le thème de l'intégration, dans le cadre de Neuchàtoi. Elles y présentaient des témoignages de Neuchâtelois d'origine étrangère, Français, Italiens, notamment.

VOS SOUVENIRS SONT NOTRE MEMOIRE

VOS SOUVENIRS SONT NOTRE MEMOIRE

  • en 2008-2009: VOS SOUVENIRS SONT NOTRE MEMOIRE, à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel à l'occasion du 5e anniversaire de l'association.
  • en 2007, à la Foire du Livre du Locle et lors de la Journée nationale des Portes ouvertes des archives.


QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS? Souvenirs de mariages

en 2011:  QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS? Souvenirs de mariages, à la Pension Beauregard, (Musée du Val-de-Travers), Grand-Rue 10, Fleurier.  

QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS? Souvenirs de mariages

QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS? Souvenirs de mariages

Exposition Au Château et musée de Valangin: du 1er mars- au 27 octobre 2013

Expo créée en 2011 au Val-de-Travers,  visible à Valangin dans une toute nouvelle version.

Inspirée des cartes postales, billets doux, correspondances, petits souvenirs ou secrets, tellement précieux et fondateurs pour ceux qui les détiennent, mais aussi des traces des épreuves passées: faire-part, factures... Ces objets fragiles sauvés de la destruction, par choix ou par hasard, livrent mille informations sur une histoire qui s'éloigne de l'individu pour tendre vers l'universel.


Discours de la présidente des AVO au finissage de l’exposition du Musée d'histoire de La Chaux-de-Fonds réalisée avec…

Discours de la présidente des AVO au finissage de l’exposition du Musée d'histoire de La Chaux-de-Fonds réalisée avec…

Chers amis du Musée d’Histoire de La Chaux-de-Fonds,

Quelle belle aventure nous vivons depuis plusieurs mois avec cette magnifique exposition « Ça bouge dans les Montagnes » ! Au moment où elle s’achève, nous tenons à vous dire combien nous avons été touchés par l’accueil qui nous a été réservé ici, combien nous avons apprécié les séances de préparation, le montage de l’exposition et ensuite les nombreuses animations organisées, que ce soient les visites, les conférences, les lectures ou encore les moments d’échange.
L’Association pour la conservation des Archives de la vie ordinaire (AVO) avec Marie-Paule Droz-Boillat et Jacques Ramseyer, conservateurs, a été particulièrement heureuse de collaborer avec Sylviane Musy et toute son équipe du Musée.
Vous le savez, notre association a pour but de recueillir, conserver, classer, étudier, mettre en valeur et diffuser les documents de toutes sortes qui nous ont été confiés par des familles soucieuses de ne pas voir disparaître de fragiles souvenirs conservés dans des cartons, au fond des armoires, dans des greniers par exemple.
Avec cette exposition nous avons pu travailler de manière originale : utiliser et mettre en valeur nos fonds pour illustrer les grands courants de migrations dans les Montagnes neuchâteloises à travers les témoignages émouvants d’hommes et de femmes « ordinaires » qui ont quitté les Montagnes neuchâteloises ou qui en ont fait leur nouveau port d’attache.
Durant les neuf mois de l’exposition, les nombreux visiteurs qui sont venus ici au Musée d’histoire ne s’y sont pas trompés ! Chacun de ces documents a éveillé en eux une émotion, fait surgir des souvenirs, rappelé des anecdotes ou des récits entendus dans leur famille, ils se sont retrouvés dans tel ou tel personnage évoqué. Merci à Léo et à Georges-Auguste, à Bertha et à Elise, à Albert et à Philippe, à Francesco et à Dimitra, à Paola, à Thérèse et à Lucy, à Jean et à Victor d’avoir laissé une trace de leur vie ; merci à leur famille de nous avoir confié leurs lettres, leurs récits de vie, leurs cartes postales, leurs livres de comptes ou encore leurs récits de voyage. Tous ces « muets » de l’histoire ont montré ainsi combien leur parcours était exemplaire et s’inscrivait dans la Grande Histoire des migrations.
Le succès rencontré par cette exposition auprès d’un public nombreux et varié nous réjouit. Pour le Musée d’Histoire d’abord bien sûr, mais aussi pour notre Association qui a ainsi pu se faire davantage connaître.
Alors, n’oubliez pas : si vous faites des rangements, des classements, si vous videz un galetas, un grenier et que vous tombez sur des documents que vous ne pouvez plus pour une raison ou une autre conserver, mais que vous refusez de voir disparaître, vous savez qu’en faisant appel aux AVO ils seront ainsi sauvés de la « benne fatale » et peut-être mis en évidence dans quelques années lors d’une exposition, d’une lecture, ou au travers d’une publication.
Au nom de Marie-Paule Droz-Boillat et de Jacques Ramseyer, nos conservateurs, du comité de l’Association, je tiens encore à vous dire un chaleureux MERCI pour nous avoir associés à cette exposition. Nous n’oublierons pas les riches moments passés dans ces murs, les belles rencontres et les amitiés nouées !

Antoinette Béguin


ÇA BOUGE DANS LES MONTAGNES ! DEUX SIÈCLES DE MIGRATIONS AUTOUR DE LA CHAUX-DE-FONDS

Une exposition du Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds et des Archives de la vie ordinaire. 2016-2017.

Pourquoi une exposition sur ce thème ? Le développement des Montagnes neuchâteloises est intimement lié au phénomène de la migration. Or, le Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds, après avoir évoqué le caractère cosmopolite de la ville dans son exposition permanente, souhaitait approfondir cette thématique à travers une exposition temporaire. De leur côté, les AVO désiraient mettre en lumière divers témoignages d’habitants des Montagnes partis s’installer, temporairement ou définitivement, à l’étranger.

Par ailleurs, l’Institut neuchâtelois a publié un cahier intitulé Identités neuchâteloises. Le canton de Neuchâtel au fil de la migration. Même s’il a été réalisé indépendamment de l’exposition, cet ouvrage en constituera un précieux complément.

Le Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds, dans son exposition permanente comme dans ses expositions temporaires, a choisi de donner la parole à celles et ceux qui ont fait et continuent à faire l’histoire de la Ville. Les AVO ont pour but de recueillir les témoignages laissés par les anonymes, de les conserver et de les mettre en valeur, afin de donner la parole aux « muets de l’histoire ». Les parcours migratoires abordés dans l’exposition, s’ils se veulent représentatifs de la migration, sont tous liés à des choix individuels ou familiaux : démarche commerciale, goût de l’aventure, misère ou chômage à fuir, aspiration à un avenir meilleur ou simplement différent, histoire d’amour... Ce sont autant d’histoires de vie, qui ont ainsi « dicté » le scénario de l’exposition. On est donc là au cœur de la problématique des AVO.

Voyageurs, horlogers, missionnaires, préceptrices, maçons… L’exposition présente les parcours de gens "ordinaires" qui ont participé aux mouvements migratoires. Objets, documents originaux, photographies, témoignages sonores et interviews filmées relatent des expériences parfois exaltantes, parfois émouvantes, parfois douloureuses ou tout simplement ordinaires. Ces histoires peuvent entrer en résonance avec celles des visiteurs qui, à un moment donné, ont eux aussi "bougé".

L’exposition aborde deux siècles de migrations à travers trois espaces :

La première partie s’intéresse à celles et ceux qui partent pour un long voyage ou se fixent à l’étranger. Un nombre appréciable d’habitants de la région ont en effet émigré en Europe, aux Etats-Unis et ailleurs. Cet espace est signalé par l’affiche jaune de l’horaire CFF des trains partant de La Chaux-de-Fonds.
La deuxième section traite de l’arrivée des migrants dans les Montagnes neuchâteloises, qui ont été depuis le 18e siècle une terre d’immigration, ouverte vers l’extérieur. Cet espace est signalé par l’affiche blanche de l’horaire CFF des trains arrivant en gare de La Chaux-de-Fonds.
Un lieu central évoque la migration actuelle. Les personnes retenues pour cet espace ont en commun de s’être expatriées ou d’avoir immigré depuis moins de quinze ans. Elles illustrent ce double mouvement de départs et d’arrivées qui caractérise la migration. Leurs témoignages sont présentés dans des interviews filmées.

L’exposition offre en même temps une expérience émotionnelle à travers les récits de gens "ordinaires" qui ont participé à ces mouvements migratoires. Des bornes d’écoute permettront d’entendre des extraits de textes relatant des expériences parfois exaltantes, parfois émouvantes, parfois douloureuses ou tout simplement… ordinaires. Des photographies, des documents originaux, des objets, des interviews filmées donneront l’occasion au visiteur de pénétrer dans l’intimité des migrants.

Par ailleurs, diverses animations ont lieu autour de l’exposition. Parmi celles-ci,

a) Une conférence de notre ancienne conservatrice Jacqueline Rossier: Trois femmes, trois destins de migrantes. 8 juin 2016 au Musée d'histoire.

b) « Ah ! JE VOUDRAIS BIEN VOUS VOIR SEULEMENT UNE MINUTE… ». Deux séances de lecture de lettres d'émigrés issues des fonds des AVO, au Musée d'Histoire de La Chaux-de-Fonds: Lecture de lettres de Jean Baillod et de Philippe Macchi. 29 octobre 2016, et lecture de lettres de Charles et Eugène Wille, Henri Meyer, Lucy Schneider et Thérèse Hoffmann. 9 novembre 2016.


2025 Lectures et conférences

Trois lectures commentées ou conférences sont été données en 2025. Femmes à la campagne autour de 1900 Julie Treuthard et sa fille Léa Currit ont tenu vers la fin du 19e siècle le journal quotidien de leur ferme, à La Brévine et au Val-de-Travers. Entre les comptes, les animaux, les travaux de la terre et les enfants, elles y expriment aussi leur personnalité et leurs sentiments, inspirant ainsi une vision inédite et combien riche de la vie paysanne. Trois représentations: 24 février 2025, Couvet, Chapelle aux concerts: Lecture par Fanny Kuenzler, comédienne Présentation: Françoise Bonnet Borel, avec la participation de David Jucker 8 octobre 2025, Moudon, Musée de Moudon et 5 novembre 2025, Corcelles-près-Concise, grande salle Lecture par Mathilde Soutter, comédienne Présentation: Françoise Bonnet Borel, avec la participation de Justin Favrod

Maurice Favre (1888-1961), un homme ordinaire ?

Maurice Favre (1888-1961) est né et mort à La Chaux-de-Fonds. Il a été monteur de boîtes, président du conseil d’administration au bureau du contrôle des ouvrages en métaux précieux, président conservateur des Musées d’horlogerie et d’histoire et président du Club alpin suisse, section des Montagnes. Il est bourgeois d’honneur de la Ville de La Chaux-de-Fonds en 1954. La lecture d’extraits de son Journal (1929 – 1958), déposé récemment aux AVO, permet d’approcher l’intimité de cet homme public, fin observateur de la vie culturelle, économique et politique de sa ville. Conférence : David Jucker, conservateur aux AVO Lecture : Guillaume Kaufmann, archiviste à la BVCF 15 novembre 2025: Conférence lecture à l'occasion de la journée sortie des AVO organisée pour ses membres, La Chaux-de-Fonds, Bibliothèque de la Ville. Texte de la lecture ci-dessous
2024 Lectures et conférences

2024 Lectures et conférences

Une lecture commentée publique a eu lieu en 2024, au Château de Valangin, le 23 août 2024 Catherine Françoise de Watteville Mémoires d'une espionne au service de Louis XIV, exilée à Valangin Lecture commentée des mémoires de Françoise de Watteville par Nicolas Liénert

2003 - 2023 Les 20 ans des AVO

En 2023, les AVO fêtent leurs 20 ans d'activité, en allant à la rencontre du public dans le canton de Neuchâtel. HISTOIRES DE VIE ORDINAIRES Série de sept lectures déambulations, dans une mise en scène théâtralisée et avec des comédiens, un samedi par mois, dans les villes et villages suivants: Dombresson (1er avril), Le Locle (13 mai), St-Sulpice (10 juin), La Sagne (8 juillet), Valangin (19 août), Bevaix (9 septembre) et St-Blaise (14 octobre). Dans chaque lieu, un sujet différent et intéressant tout particulièrement l'endroit et ses habitants. Entrée libre. ATELIERS D'ARCHIVAGE 3 ateliers pour tout public: au Locle (13 mai), à Neuchâtel (21 octobre) et à La Chaux-de-Fonds (4 novembre). Programme détaillé ci-dessous

Grandir à la campagne dans la première moitié du 20e siècle

Extraits de dix récits de vie, choisis dans les fonds des AVO ou dans des récits publiés. Il s'agit de souvenirs d'enfance s’échelonnant de la fin du 19e siècle à 1950 environ, ils concernent surtout le Val-de-Ruz. Les sujets abordés sont les difficultés des familles paysannes souvent pauvres, le travail des enfants à la campagne, souvent en conflit avec la fréquenttion de l'école autrefois, et la vie des orphelins hébergés par la Fondation F.-L. Borel et dont l'avenir professionnel est le travail paysan pour les garçon et le travail ménager comme bonne pour les filles. Liste des auteurs des archives: Marguerite Leuba (1911-2002), née à La côte aux Fées. Fonds AVO. Ami Graber (1881 - ?), né à La Brévine. Fonds AVO Charli-René Graber. Francine Cosandey Soguel (1945), née à Cernier. Fonds AVO Récits de vie. Charles Brunner (1942), né à La Chaux-du-Milieu. Fonds AVO. Nelly Grossenbacher-Gobbo(1922 - 2013), née à Couvet. Fonds AVO. Josette Mougin, née dans les années 1920. Fonds AVO MDA. Hermine Jacot (1930 - ?), née à Neuchâtel. Fonds AVO. Laure Guyot (1875 - 1958), née à Malvilliers. Cf. Maurice Evard, Laure Guyot, journal d’une artiste, NRN, 2015. Frédéric Cuche (1945), né au Pâquier. Cf Jacqueline Rossier et Frédéric Cuche, Le Pâquier 1900-2000, NRN, no 77, 2003. Edmond Bille (1878 –1959), né à Valangin. Cf Edmond Bille, Ombres portées, Lausanne 1931. Date et lieu: Dombresson, 1er avril 2023, Fondation F.-L. Borel Collaboration: Association Le Four à Pain de Dombresson Texte (choix et rédaction): Françoise Bonnet Borel et Nicolas LIénert Lecture: Juliette Vernerey, Jean-Louis Giovannoni texte de la lecture dans le document ci-dessous:

Vivre au Locle au coeur du 20e siècle

Lecture de textes pittoresques écrits par Séba Chapuis et par le pasteur paul Comtesse. Séba Chapuis fut une figure connue au Locle dans les années 1930 à 1960, entre autre pour avoir été champion de moto et pour avoir rédigé des textes pour la revue du Locle. Il a écrit également des lettres où il décrit les vicissitude de sa vie quotidienne. Paul Comtesse, quant à lui, décrit à sa fille des événements qui se déroulent au Locle dans les années 1900, fêtes, commémorations, mais aussi incendies, inondations etc. Textes lus par Juliette Vernerey et Axel Fernandez Réalisation: David Jucker Date et lieu: Le Locle, 13 mai 2023, Hôtel-de-ville puis au Casino-Grange de Luxe
Lecture no 3: Partir à l'aventure au 19e siècle

Lecture no 3: Partir à l'aventure au 19e siècle

St-Sulpice (NE), 10 juin 2023 Les destins extraordinaires de deux frères Reymond, nés à St-Supice. Lecture des lettres d'Eugène Reymond (1835-1860), qui s'engageat à l'âge de 16 ans dans la marine marchande, sur les grands voiliers de commerce qui sillonaient alors les océans et devint capitaine. Lecture des récits de voyage de son frère, Alexis Reymond (1839-1921), parti en Perse pour le compte de la Compagnie neuchâteloise d'exportation du Locle entre 1858 et 1874, afin d'y ouvrir de nouveaux marchés horlogers. Textes lus par Raymond Pouchon et commentés par Françoise Bonnet Borel Lectures dans la salle de gym du collège de St-Sulpice, suivies d'un apéritif En savoir plus ici
Lecture no 4: Au secours, les Royalistes reviennent !

Lecture no 4: Au secours, les Royalistes reviennent !

La Sagne, 9 juillet 2023 Cette lecture illustre la résistance tenace que la population sagnarde oppose à l’instauration de la république. Les Sagnards entretiennent une relation mystique et charnelle envers leur prince, Frédéric-Guillaume IV, roi de Prusse, qui n’a pas manqué de leur rendre visite en personne lors de son voyage dans la principauté en 1842. La république instaurée en 1848 et l’adhésion à la jeune Confédération Helvétique sont perçues comme une usurpation. A La Sagne, on s’oppose par tous les moyens. On ignore les ordres de mobilisation de la jeune république, et les nouvelles autorités instaurées par le gouvernement préfèrent se saborder. Des écrits personnels royalistes, des documents tirés de Archives de la Com¬mune ainsi que des Archives de l’Etat illustrent à quel point les Sagnards sont prêts à payer de leur personne pour honorer leur serment de fidélité au roi. Une délégation ira retrouver le souverain aux bains de Baden-Baden. Un récit noté sur le vif nous permet d’assister à une entrevue très émouvante avec le roi, qui ranime les espoirs en une restauration du régime monarchique. En 1856, la tentative de reprise en main royaliste est organisée depuis la Sagne. Les Sagnards forment le noyau dur des colonnes qui occupent le Locle et marchent sur Neuchâtel. Mais la révolte royaliste est rapidement écrasée. Alors que la crise internationale s’enflamme autour de ce qu’on appelle « l’Affaire de Neuchâtel », la presse républicaine et royaliste se déchaîne autour de la question « Qui sont donc ces Sagnards ? » Entretemps, la guerre entre la Prusse et la Suisse menace, la Suisse mobilise et les Sagnards désertent pour s’enfuir à l’étranger. Finalement, on évite la guerre et les déserteurs sont graciés, mais il faut écrire une lettre de soumission personnelle. Qu’écriront donc ces Sagnards irréductibles ? Lecture par la comédienne Juliette Vernerey. Une délégation de l’ensemble Calliope accompagnera la lecture de chants royalistes er républicains. Apéro offert à la maison de ville de La Sagne.
Lecture no 5: Le secret des bunkers de Valangin

Lecture no 5: Le secret des bunkers de Valangin

Valangin, 19 août 2023, 10h30, Château et musée de valangin Lectures de lettres, de journaux tenus par des soldats, et de souvenirs liés à la mob de 1939 et à la guerre. Les soldats racontent leur quotidien, entre creusage, tours de garde, cours de formation et loisirs, tandis que la population civile tente de faire face aux difficultés d'approvisionnement et, dans les campagnes, au travail à faire en l'absence des pères de famille. Les soldats s'inquiètent pour leurs familles, les familles s'inquiètent pour leurs soldats. Personne ne sait combien de temps la guerre va durer.... Lecture par Juliette Vernerey et Raymond Pouchon, dans la salle des chevalaiers du Château de Valangin. Apéritif offert au hangar des trams et visite du bunker principal de Valangin par l'association Pro Fortin.
Lecture no 6: Rêves de pêcheurs

Lecture no 6: Rêves de pêcheurs

Bevaix, Ecomusée de la pêche et des poissons, 9 septembre 2023, 15h Dans le cadre du Musée de la pêche et des poissons à Bevaix et des Journées du Patrimoine, les AVO vous proposent de vous plonger dans le monde des pêcheurs du lac de Neuchâtel. Deux pêcheurs neuchâtelois ont transmis le récit de leur vie dédiée à ce métier dur mais passionnant: Maurice Droz (1898-1981), dit Bamboula, qui fut toute sa vie pêcheur à Saint-Blaise, et Denis Junod, pêcheur à Auvernier. Proches de la nature, les pêcheurs, on le sait, ont été les premiers à constater les effets de la pollution sur l’environnement et la faune lacustre. Les lectures permettront de découvrir les nombreux aléas de ce métier traditionnel, dont sa rentabilité toujours remise en question, les rapports conflictuels avec les pêcheurs amateurs et la vie sur un lac pas toujours calme. Lecture : Jacqueline Rossier, ancienne conservatrice des AVO, présentera le premier texte, accompagnée par un comédien, Maxime Ryser; le second texte sera lu par Françoise Jeanneret-Gris, autrice de "De fils en père, Denis Junod", Cabédita, 2020. Goûter offert et visite accompagnée de l'Ecomusée de la pêche et des poissons.
Lecture no 7 : Echos de la Grande Guerre

Lecture no 7 : Echos de la Grande Guerre

14 octobre 2023, Saint-Blaise, collège de la Rive-de-l'Herbe, 10h30 Vin d'honneur offert par la commune de St-Blaise. Apéritif dans le jardin d'Agnès et Théophile Robert (Grand-Rue 23). A travers la parole de deux femmes, que tout sépare, mais qui ont en commun d'avoir vécu, chacune à sa manière, le profonds traumatisme qu'a représenté la Grande Guerre, et d'en avoir rendu compte dans un journal personnel: Lina Bachmann, paysanne à Boudevilliers et Agnès Robert, femme du peintre Théophile Robert, à Saint-Blaise. Lecture par Isabelle Meyer, comédienne, et Antoinette Béguin, ancienne présidente des AVO.
Un Neuchâtelois, capitaine au long cours

Un Neuchâtelois, capitaine au long cours

Lundi 20 février, Lundis des Mots, BPU, 18h30 Textes lus par Raymond Pouchon et Françoise Bonnet Borel, préparés par Françoise Bonnet Borel Le Neuchâtelois Eugène Reymond, né à St-Sulpice, s'est engagé en 1852, à l'âge de 16 ans, dans la marie marchande américaine entre le Havre et New York. Ses lettres décrivent le quotidien des marins sur les grands voiliers et les tribulations d'un jeune matelot, futur capitaine, que le destin emmènera jusqu'en mer de Chine. Eugène Reymond naît à St-Sulpice en 1835, dans une famille de mécaniciens horlogers. Jeune homme, il s’engage comme matelot dans la flotte marchande et effectuera entre 1852 et 1860 près de 40 traversées de l’Océan Atlantique sur les grands voiliers de l'époque. Il débute comme simple marin, puis devient secrétaire, officier en second et enfin capitaine en second. Les lettres qu’il écrit à ses parents témoignent de son excellente éducation. Il y transparaît les valeurs familières alors aux gens de la campagne telles que l’amour du travail, de l’instruction, de la religion et de la famille. Eugène décrit sa vie aventureuse, les naufrages auxquels il assiste, ceux qu'il subit, mais aussi les soucis pratiques du quotidien, ses rapports aux gens, ses espoirs et ses sentiments. Tout en éclairant la personnalité d’un jeune homme au destin particulier, ces écrits donnent aussi de nombreux détails sur le commerce maritime à une époque où seuls encore les navires à voile traversent les océans, dans des conditions difficilement imaginables aujourd’hui. La dernière lettre d’Eugène, en 1860, raconte son naufrage devant Shangaï, et son sauvetage, à la manière d’un roman d’aventure haut en couleur. Eugène mourra de dysenterie en mer de Chine, il vient d'avoir 25 ans. Ses parents ne l’apprendront que six mois plus tard, et entreprendront alors de rédiger le récit du destin exceptionnel, interrompu brusquement, de ce fils très aimé. Le fonds famille Reymond, qui comprend de nombreux autres souvenirs de cette famille du Val-de-Travers, a été versé aux AVO en 2019. La lecture peut s'écouter ICI

Le quotidien de la ménagère

Jeudi 24 mai 2018, 18h15, Musée d'histoire de La Chaux-de-Fonds, et jeudi 22 novembre 2018, 18h15, Musée d'histoire de La Chaux-de-Fonds Lecture à plusieurs voix de témoignages sur la vie quotidienne de la ménagère des Montagnes neuchâteloises, de 1918 à nos jours, tirés des fonds conservés par les Archives de la vie ordinaire. La lecture sera entrecoupée de chants interprétés par le Petit Choeur de Numa-Droz. Parler du quotidien de la ménagère à travers un siècle d’histoire, c’est évidemment évoquer l’évolution de la condition féminine durant les cent dernières années – décisives à cet égard – qui ont marqué la progressive accession des femmes à l’égalité avec les hommes. Travail domestique, difficulté à subvenir aux besoins de la famille, repas d'exception préparés pour Noël, cuisine transformée en salle de bain, soucis de lessive et de séchage du linge, conseils donnés aux consommatrices à l'heure où l'électroménager bouleverse les habitudes... Les mentalités évoluent : le mariage et les enfants ne constituent plus le seul horizon rêvé des femmes et l’image de la gardienne du foyer est contestée. Pourtant, le combat pour le partage des tâches ménagères au sein du couple n'est pas encore gagné !
Il y a cent ans, cette maudite guerre qu’on croyait impossible…

Il y a cent ans, cette maudite guerre qu’on croyait impossible…

Une lecture à plusieurs voix proposée par les Archives de la vie ordinaire, le lundi 6 novembre 2017, 18h30, Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel, et le dimanche 11 novembre 2018, 11h00, au Musée d'histoire de La Chaux-de-Fonds « Dernier jour de l'année 1914. Nous sommes heureux de sortir de cette année terrible, qui a amené le commencement de cette maudite guerre qu'on croyait impossible, et devenue réalité tout de même. Que nous réserve l'année 1915 ? Verrons-nous bientôt la fin de cette orgie de sang ? Puisse cette nouvelle année nous apporter la fin du conflit qui décime le monde, sans que notre patrie ait été entraînée dans la tourmente ! » Voici un témoignage parmi beaucoup d’autres, tous conservés aux Archives de la vie ordinaire, qui évoquent la Première Guerre mondiale au fil du quotidien. Venez revivre, cent ans plus tard, les attentes et les angoisses, mais aussi les instants de légèreté, de ces hommes et de ces femmes du pays de Neuchâtel, tous concernés, de près ou de loin, par un conflit qui aura interpellé les consciences durant plus de quatre ans.

Lettres d'émigrés des Montagnes neuchâteloises

Lecture de lettres conservées aux Archives de la vie ordinaire Samedi 29 octobre 2016, 17h15, Musée d'histoire de La Chaux-de-Fonds YVONNE ET JEAN BAILLOD, lecture par Yves Bourquin Jean Baillod est né au Locle le 11 avril 1893. C’est le fils cadet de Paul Baillod (1855-1919), négociant horloger au Locle, puis à La Chaux-de-Fonds. Devenu veuf, Paul Baillod épouse une amie de la famille, Marie Perret, qui sera la « chère maman » à laquelle sont destinées la plupart des lettres écrites de Floride par Yvonne (1901-1986) et Jean (1893-1971) Baillod. C’est cette chère maman qui recopie soigneusement les lettres à l’intention du frère aîné de Jean, Paul Baillod fils (dit Paulet ou Pilet), et de sa famille. Jean Baillod obtient son diplôme cantonal d’horloger-technicien en mars 1915. Il reprend vraisemblablement la tête de la maison d’horlogerie familiale en 1917, à la retraite de son père. La brutale crise économique de 1921-1922 l’incite à abandonner son entreprise et à partir tenter sa chance avec la jeune Yvonne Reusser, de Bienne, qu’il a épousée le 20 mai 1920. Tous deux comptent faire fortune comme colons agricoles au sud-ouest de la Floride, dans la région de Wauchula. Quand ils partent pour l’Amérique en septembre 1922, Jean a 29 ans et Yvonne 21. Les aléas de la culture des fruits et légumes contraindront Jean Baillod à reprendre son travail d'horloger-rhabilleur. Yvonne trouvera du travail dans une imprimerie. Mais le couple a définitivement adopté sa nouvelle patrie et fera sa vie en Floride. PHILIPPE MACCHI, lecture par Jean-Bernard Vuillème "Né le 11 mai 1948, Philippe Macchi eut une adolescence assez turbulente et révoltée, tout en faisant des études de musique en même temps que son Gymnase. En pleine crise, abandonnant le Gymnase, Philippe (...) put partir en Angleterre pour y faire (brillamment) ses certificats en anglais, tout en participant à de nombreux concerts comme trompette, et travaillant au pair pour son logis et pension. Puis, ses certificats en poche, il revint en Suisse et ses parents obtinrent l’aval du directeur pour qu’il reprenne et termine son Gymnase pédagogique pour devenir instituteur. Mais, pratiquant la pédagogie selon Piaget visant à autonomiser les enfants en plein respect de leur développement, Philippe s’attira les foudres du Département de l’Instruction Publique. C’en était trop pour ce libertaire, il réagit avec sa promptitude habituelle en démissionnant aussi sec, sans se soucier de comment il allait gagner sa vie. Vie dont l’absurdité commençait de le tarauder : que faire pour lui donner un sens ? C’est alors qu’il prit contact avec Terre des Hommes pour être envoyé dans les pays en voie de développement. Parachuté en Egypte dans le cadre d’un programme visant à éradiquer les infections oculaires des enfants, il constata bien vite qu’il y avait là-bas des problèmes autrement plus graves dont personne ne s’occupait : les grands brûlés. Est né alors chez Philippe le projet d’établir une structure de soins, qu’il proposa à Terre des Hommes. Mais TdH avait d’autres priorités, dans d’autres pays, et refusa d’entrer en matière, ce qui révolta profondément Philippe qui les envoya à nouveau promener aussi sec et décida de se lancer tout seul ! Il battit le rappel d’anciens amis en Suisse pour constituer une Fondation pour les Enfants Brûlés, qui existe toujours à ce jour. (...) Peu avant sa mort, usé à 48 ans, la construction d’une nouvelle clinique avait commencé avec tous les paramètres sanitaires adéquats, clinique inaugurée après son décès et qui porte son nom." (texte de présentation de Pierre Macchi)

"Ah ! Je voudrais bien vous voir seulement une minute..." (Eugène Wille)

Mercredi 9 novembre 2016 à 18h15 Lectures par Antoinette Béguin, Marie-Paule Droz-Boillat, Jacques Ramseyer et Jacqueline Rossier Ils sont partis jeunes loin de leurs Montagnes natales : à Cuba entre 1864 et 1869 (Charles et Eugène Wille), dans les plaines canadiennes du Saskatchewan dès 1914 (Berthe Bächtold-Matile), à Vienne à l'époque de l'Anschluss puis en Irlande pendant la Deuxième Guerre mondiale (Lucy Schneider), en Slovénie puis en Hongrie en 1940-1941 (Thérèse Hoffmann). Tous nous invitent à partager leur découverte d'un monde différent et à mesurer leur attachement à des familles que tous et toutes aimeraient bien revoir, ne serait-ce qu'une minute... Intermèdes musicaux avec CantAmille (chants italiens liés à la migration).
Un jeune homme bien sous tous rapports

Un jeune homme bien sous tous rapports

Lecture d'extraits de la correspondance de Paul Baillod, étudiant en Allemagne entre 1905 et 1907, par Yves Bourquin, dans le cadre des Lundis des mots, le lundi 7 novembre 2016 à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel. En lien avec l'exposition L'Homme épinglé, présentée à la Bibliothèque dans le cadre de la série 1 expo - 12 musées : La silhouette masculine, mode et artifice du Moyen Age à aujourd'hui (10 mars 2016 - 26 février 2017). Cette lecture met en évidence les pages de la correspondance de Paul Baillod où celui-ci évoque avec verve ses soucis vestimentaires et ses autres préoccupations matérielles.

Lettres d’Allemagne (1905-1907)

Lettres de Paul Baillod lues par Yves Bourquin dans le cadre du "Lundi des mots" Lundi 30 novembre 2015 à 18h30 à la Librairie Le Cabinet d'Amateur, Escalier du Château 2, Neuchâtel « Puisque ce temps d’éloignement de la maison est nécessaire, il faut en profiter le plus possible et le passer gaîment… » Il s’agit des meilleures pages deslettres adressées par le jeune étudiant Paul Baillod à sa famille à La Chaux-de-Fonds. Textes pleins d’humour sur les intérêts multiples d’un jeune bourgeois neuchâtelois du début du siècle précédent, sur la vie de pension et d’étudiant à Dresde, puis à Heidelberg, mais aussi sur l’Allemagne de la Belle Epoque. Un exemple : Dresde, le 3 novembre 1905 Mes chers parents, (…) Ah ! cet empereur d’Allemagne, quelle dent je lui garde ; le brigand me remplit la moitié des lettres que je reçois, et me vaut des sermons d’une page ! J’étais glacé d’horreur en lisant quel crime j’avais commis en ne le saluant pas. Je vais toutefois essayer timidement de me justifier. (…) l’empereur d’Allemagne ne m’est rien du tout. C’était pour moi une personne étrangère, que je ne connaissais que de nom, qui passait, et la coutume n’est pas de saluer tous ceux qu’on ne connaît que de nom. Je voyais en outre en lui l’ami du Sultan, celui auquel il avait donné la main, approuvant par cet acte le massacre des Arméniens, et perdant par là l’estime des honnêtes gens. (…) N’allez pas croire d’ailleurs que j’ai été le seul à ne pas saluer. Ce sont les femmes surtout qui criaient, les hommes étaient plus calmes, et cela se comprend aisément : la Saxe est la forteresse du socialisme allemand. (…) J’étais dans un groupe de 5 hommes, bons bourgeois bien habillés. 2 seulement saluèrent, les autres ne bougèrent pas. Je dirai encore à chère maman que je sais ce que c’est qu’ « avoir du tact » et que je n’ai rien dit contre l’empereur à la pension, ce n’est que quand on m’a demandé si j’irais le voir, que j’ai répondu : qu’étant républicain, je n’y tenais pas… Paul Baillod (1886-1950) Paul-Alexandre Baillod est né au Locle le 5 août 1886 du mariage de Paul Baillod, fabricant d’horlogerie, et de Louise Esther Houriet. Devenu veuf en 1896, Paul Baillod père se remariera avec Marie Perret, la « chère maman » à laquelle fait allusion le jeune Paul dans ses missives. Après avoir obtenu son baccalauréat au Gymnase de La Chaux-de-Fonds, Paul Baillod, comme beaucoup de ses contemporains, part en 1905 en Allemagne pour y apprendre l’allemand et y suivre durant un an des cours à l’Université de Dresde. Il a alors dix-neuf ans. Après quelques mois passés encore à Heidelberg (d’octobre 1906 à juin 1907), il rentre au pays et fait son droit à l’Université de Neuchâtel ; il y préside la Société de Belles-Lettres durant le semestre d’hiver 1908-1909. Ses études terminées, Paul Baillod ouvre une étude d’avocat et notaire à Neuchâtel. En octobre 1915, il épouse Inès Bourquin, fille d’un notable chaux-de-fonnier, dont il avait fait la connaissance dix ans plus tôt. Paul Baillod est un des membres fondateurs du Rotary Neuchâtel le 15 janvier 1927. Trésorier du premier comité, il préside le club en 1932-1933. De 1933 à 1934, il est gouverneur du 54e district du Rotary International. A ce titre, il est délégué à plusieurs conférences du Rotary International entre 1934 et 1939, reçoit en 1937 la Légion d’honneur et est décoré en 1938 par le roi de Yougoslavie. Bâtonnier du barreau neuchâtelois en 1946-1948, membre de différents conseils d’administration, mécène, ami des arts, membre de la Commission de la Bibliothèque, Paul Baillod s’intéresse aussi à l’histoire et milite pour le développement des Archives de l’Etat. Esprit brillant et caustique, il est paradoxalement passionné par le spiritisme. Paul Baillod, qui avait toujours été de santé fragile, décède le 4 septembre 1950, à l’âge de soixante-quatre ans. Ces textes seront lus par Yves Bourquin, petit-neveu de Paul Baillod. Yves Bourquin, ancien professeur de lycée, a débuté comme comédien avec la compagnie de Scaramouche en 1965. Il a mis en scène de nombreuses pièces pour diverses troupes de la région neuchâteloise et a notamment dirigé le groupe théâtral du Lycée Denis-de-Rougemont de 1995 à 2009.

Une petite flamme en moi s’est allumée…

Lecture-spectacle inspirée d’une correspondance amoureuse conservée aux Archives de la vie ordinaire (AVO) Interprètes : Isabelle Meyer et Philippe Vuilleumier, comédiens Choix des lettres : Jacqueline Rossier avec les comédiens Musiques originales : Benoît Vivien Dimanche 22 novembre 2015 à 17h30 au Moulin de Bayerel, 2063 Fenin-Vilars-Saules Genève, le 1er juin 1916 Chère Mademoiselle, Il y a longtemps que je résiste à l’envie de vous écrire. Jusqu’à présent, j’ai craint de vous être désagréable en le faisant. A vrai dire, je le crains encore mais mon désir profond l’emporte, pardonnez-moi. Je pense qu’il vaut mieux être franc et simple autant que possible, tant pis si je suis ridicule ou naïf. Je vous avoue que le jour où je vous ai vue, une petite flamme en moi s’est allumée. Dès lors, elle s’est accrue et confirmée, c’est pourquoi je viens vous demander bien humblement la permission de correspondre avec vous. Dites-moi en toute sincérité, je vous prie, ce que vous en pensez. J’aimerais ne pas vous offenser, ni vous mettre dans un cruel embarras, mais que voulez-vous, quand on aime, on est un peu en dehors du bon sens, en dehors de soi, et l’on mérite quelque indulgence. Vous en avez beaucoup, je suis sûr, vous m’en accorderez un peu. Merci d’avance et croyez moi votre dévoué Jaques Henriod Ainsi débute la correspondance de Jaques Henriod (1887-1965) avec Elisabeth Veyrassat (1893-1970). Cette dernière répond le 10 juin 1916 à cette première lettre. Les deux amoureux ont alors respectivement 29 et 23 ans. Jaques Henriod a étudié comme son père la théologie à Neuchâtel. Après avoir passé une année dans les Pyrénées et une autre à Genève, il devient pasteur suppléant aux Eplatures. Dès 1918, il exerce son ministère à Begnins (VD). En 1925, après avoir dirigé le Foyer évangélique de Neuchâtel, Jaques Henriod reprend des études de lettres puis enseigne à l’Ecole supérieure de commerce de la ville jusqu’en 1952. Son mariage avec Elisabeth Veyrassat est célébré le 31 mai 1918. Cette dernière, fille d’un ingénieur, a fait des études universitaires en sciences sociales. Le couple aura trois enfants. Cette lecture-spectacle a été créée le 1er décembre 2008 à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel et jouée depuis cette date à plusieurs reprises. Elle met en valeur des extraits des lettres de Jaques et d’Elisabeth (dite aussi Lise ou Lisette) rédigées entre juin et octobre 1916. Les échanges épistolaires des jeunes gens se poursuivront jusqu’à la date de leur mariage, et au-delà. Il s’agit d’un cas rare où ont été conservés les écrits des deux correspondants. La correspondance échangée presque quotidiennement entre Jaques Henriod et Elisabeth Veyrassat entre le 1er juin et le 5 octobre 1916 permet de mesurer la riche personnalité des deux amoureux en même temps que l’évolution de leurs sentiments. Une fois la flamme déclarée, qui mettre dans la confidence ? Les parents sont à cette époque les premiers à donner leur avis sinon leur accord, mais Elisabeth, pressentant les réactions de son père, n’en parle d’abord qu’à sa mère. Finalement, une entrevue aura bien lieu entre Jaques Henriod et l’ingénieur Louis Veyrassat, hostile au rapprochement de sa fille avec un pasteur – alors qu’il n’est pas croyant – qui est de surcroît de santé délicate. Mais, comme les deux amoureux sont majeurs, il ne pourra s’opposer à leur mariage, dont la célébration sera reportée entre autres parce qu’Elisabeth tient à terminer ses études auparavant. Jaques et Elisabeth se dépeignent tous deux, présentent leur famille. Ils affirment d’emblée ne rien vouloir se cacher. Elisabeth est donc mise d’emblée au courant des soucis de santé de son prétendant. L’un comme l’autre doivent apprendre la patience, à cause notamment du père d’Elisabeth, qui reste longtemps silencieux. Mais, au gré d’invitations à se voir, tantôt en ville, tantôt aux Rasses, où les Henriod ont une maison de famille, tantôt en Valais, où Elisabeth passe ses vacances, les amoureux apprennent à se mieux connaître. Leur correspondance, à la fois libre et vivante, reflète leur tempérament : Elisabeth est une femme de tête, qui réussit par exemple à dissuader Jaques d’accepter le poste de pasteur à Bordeaux qu’on lui proposait. Tous deux échangent aussi leurs doutes, donnent leur vision du mariage, de l’éducation des enfants, ou encore de la mort. Ils évoquent beaucoup leurs lectures et leur amour de la nature. La foi occupe enfin une grande place dans leurs pensées.

Lectures précédemment mises sur pied en 2015

En écho à l’exposition du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel 14/18 La Suisse et la Grande Guerre – comment la guerre a transformé la Suisse Une vie quotidienne bouleversée Quelques pages des Souvenirs de l’année 1914 de Lina Bachmann et de Willy Russ, lues par Isabelle Meyer et Philippe Vuilleumier, comédiens Textes choisis par Jacqueline Rossier avec la collaboration de Berthe-Hélène Balmer Mardi 22 septembre 2015 à 12h15 au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel « Les hommes du Landsturm sont partis aujourd’hui, quelle triste journée. Aussi le 1er août n’a pas été fêté comme d’habitude. Pas même un feu. » Ainsi commence le journal tenu par Lina Bachmann (1864-1945), paysanne de Boudevilliers, du 1er août au 31 décembre 1914. Ce précieux document a été sauvé de l’oubli par Berthe-Hélène Balmer, qui l’a édité en 2015, en le replaçant dans son contexte socio-économique. Lina Bachmann a cinquante ans en 1914. Elle décide de coucher sur le papier les répercussions de la guerre sur son existence, alors que ses deux fils sont mobilisés et que son mari reste de santé fragile. Elle évoque les travaux agricoles étroitement dépendants des aléas climatiques, énumère les tâches qui lui incombent : cuisine, lessives, tenue du ménage, couture… Elle apprécie l’aide de ses sœurs, les visites de ses proches, les rencontres paroissiales et les sermons réconfortants du pasteur. Si elle ne mentionne guère l’évolution de la situation militaire, Lina Bachmann est sensible au sort des soldats internés, s’inquiète pour ses fils qui lui envoient leur linge sale, mentionne ses soucis de paysanne désemparée par les répercussions du conflit sur les travaux agricoles. Cette Mère courage trouve surtout le temps d’écrire tous les soirs pour garder la mémoire des moments si particuliers qu’elle est consciente de vivre. Avec Willy Russ (1877-1959), on change d’horizon. Fils de Carl Russ (1838-1925), grand patron de l’entreprise Suchard, celui-ci est chargé par son père, au début du premier conflit mondial, de rédiger un journal. Un « résumé » de ce journal de guerre, qui comptait quelque 3'000 pages, est publié à titre confidentiel en 1924. Une réédition a vu le jour en 2015 chez Alphil, accompagnée d’un important appareil critique et enrichie de quarante pages d’iconographie ainsi que d’un index. Les souvenirs de 1914 à 1918 de Willy Russ se présentent comme un texte peu personnel, rarement intime. La guerre est au premier plan de ces pages, qui permettent aussi de connaître les activités de la vaste famille Suchard comme de l’entreprise qui porte son nom. De nombreux passages nous renseignent aussi sur la vie sociale et culturelle des classes aisées de Neuchâtel, les vrais intérêts de Willy Russ portant sur l’art et la musique. Pour évoquer la guerre, Willy Russ utilise beaucoup la presse. Préoccupé par le fameux « fossé » entre Romands et Alémaniques, il éprouve de la sympathie pour les deux camps, quand bien même ses sentiments restent germanophiles. C’est sur le plan suisse que son information se révèle la plus intéressante : ravitaillement, exportations, politique des pleins pouvoirs, évolution de l’opinion… La lecture montrera comment deux personnes que tout oppose font face, chacune dans son domaine, aux événements qui bouleversent leur existence.
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