Ski dans la vallée de La Brévine (années 1940)
Plaisirs simples
Parmi ses souvenirs d'enfance, intitulés Traces de vie ou quelques anecdotes de jeunesse, Charles Brunner qui a grandi à La Chaux-du Milieu dans la vallée de La Brévine, ne manque pas d'évoquer ses débuts à ski.
Ses anecdotes font revivre une époque où le matériel n'était guère sophistiqué et où il n'était pas nécessaire de se déplacer en station pour goûter aux plaisirs du ski. Les faibles pentes de la vallée et les emposieux suffisaient à procurer des joies bien réelles et des souvenirs durables.
Mes skis
Premières expériences
A quel âge ai-je fait mes premières expériences sur des skis? Je ne saurais le dire exactement mais par contre, je me souviens très précisément de la première paire que j'ai chaussée: des "patinettes"! Elles ne devaient guère dépasser le demi-mètre, étaient noires, plates et larges. On les faisait tenir aux pieds en fixant les souliers devant une talonnière de métal gris et à l'aide d'une courroie.
Pendant les années de ma petite enfance, j'ai hérité des skis qu'avaient déjà utilisés mes frères et ma soeur.
Je me souviens d'une vraie paire de skis bleus dont les spatules avaient perdu leur cambrure intitiale et avaient forte tendance à se planter dans la neige.
Progrès techniques
Telemark et mobilité du pied
Une paire de "Sommartel" avait succédé à ces derniers. Fabriqués dans la région, ils étaient larges, aux spatules pointues impressionnantes. Ils avaient des fixations "Alpina" faites d'un étrier d'où partait une courroie mobile qui passait derrière le talon, permettait ainsi de lever le soulier pour marcher et pour descendre en "telemark" (technique appropriée).
Les skis suivants avaient la particularité de n'être pas jumeaux. L'un d'eux avait été cassé par son propriétaire précédent et on avait trouvé au rescapé un frère d'adoption lui ressemblant quelque peu.
Les fixations avaient évolué: c'était les "Kandahar". Le soulier, fixé dans un étrier, était bloqué par un câble à ressort bien tendu et passant par des petits crochets (les diagonales), ce qui permettait en les enlevant de lever le pied pour marcher et pour "faire du saut".
Sauts à ski
Quand les emposieux servaient de tremplin
Le saut était mon occupation préférée. Presque tous les mercredis et samedis après-midi et les dimanches, nous partions, mes copains et moi, une pelle sur l'épaule pour aller "faire du saut" dans les combes et surtout dans un "trou" (sorte d'emposieu) qui se trouvait en pleine forêt à une bonne demi-heure du village et qu'on appelait la "Place de sport". Mon record: 22m! et j'en étais fier...