Lettres en temps de guerre

Ecole de recrues en 1917

Les AVO ont reçu récemment les lettres et cartes postales écrites à ses parents entre octobre 1917 et avril 1918 par un jeune homme de 19 ans, Paul Vogel de Cormondrèche, alors qu'il effectue son école de recrues à Brugg (AG). 

Dans les extraits dont l'orthographe et la ponctuation ont été respectés, les effets de la guerre se font sentir: rationnement, nourriture à la caserne insuffisante tant en qualité qu'en quantité. En outre, les recrues doivent participer partiellement à de menus achats d'équipement et de matériel personnels.

Linge sale et nourriture

Brugg, 1 novembre 1917

Chers Parents,

Je vous envoie le sac à linge avec ce que vous m'avez demandé le gilet le mouchoir les caleçons. Je ne mets presque plus le gilet depuis que l'on a notre juste en laine ou en coton je ne sais pas bien mais ça tient encore bien chaud.

Il me reste je crois 3 mouchoirs sans compter celui qui est dans le sac ainsi ce qui suit cela on ne le touche pas des caleçons cela veut bien aller j'ai toujours les mêmes ils ne sont pas toujours propres. J'aimerais que vous m'envoyez la prochaine fois aussi une camisole on a bien chaud là dedans ça serait le moment de la rechanger. La chemise je l'enverrai la prochaine fois j'en ai une de rechange. C'est hier à midi que j'ai reçu le sac j'étaits content de recevoir quelque chose ca va bien quelque chose de temps à autre cela fait plaisir j'en reçois pas trop souvent, les caleçons les chaussettes les deux mouchoirs le sucre et il n'y a rien de meilleur le chocolat c'est toujours ça le pain ainsi que le fromage ça va ensemble on est content le matin d'en avoir on en a eu aujourd'hui c'est quand même meilleur que le café mais les allemands qui sont à la majorité aime mieux le café. On a une livre de pain par jour on déjeune à 6H 1/4 on a de la soupe des fois elle va des autres ça irait juste pour les cochons de la viande je n'y suis pas tant fort et quelquefois des pommes de terre ou des rondes ou des carottes car c'est le pays de ça ou des macaronis etc des fois un cervelas a lieu de viande alors cela je l'aime bien et le soir à 6H de la soupe je n'ai pas faim cela dépens j'ai souvent un peu mal à l'estomac. (...)

Souliers militaires

Billet sans date

Vous m'enverrez aussi 1 petit sac pour mettre le pain car je le renverrai celui que j'ai le pain est mieux au propre. On a une livre de pain par jour j'en ai assez comme je n'ai pas trop faim je renvoie aussi mes services car on en a toucher les premiers temps. Demain on touche la seconde paire de souliers on ne les paye pas mais on le redonne en rentrant. On est une quinzaine dans la chambre il y fait beau il y en a de grandes aussi.

Meilleures salutations

Paul

Le travail ne manque pas

On est érheinter le soir

On a de bons lits

Premiers jours à la caserne

Brugg, 11 octobre 1917

Chers Parents,

On est arrivé à Brugg hier à 51/2 à la gare et il y a 10 minutes jusqu'à la caserne. Hier j'ai envoyé une carte depuis Olten. Je me plais encore bien. A part moi il y a Gacon de Peseux celui qui va avec la M. Pfeniger. On a pas beaucoup de temps pour écrire je dois me dépêcher. On peut sortir le soir jusqu'à 91/2H. On sort les deux et on va dans un café de tempérance il est tempérant ça va bien. Par ici il pleut aussi par moment. Je vous envoie mon linge j'en ai acheté 1 fr.3.50. J'ai gardé le gilet. Quand j'aurai besoin de quelque chose je vous écrirai.

Bonnes salutations partout.

Je vous envoie une carte de la caserne et je suis ou j'ai marqué on est 18 dans la chambre il y a de bons lits. Voilà mon adresse: Sapeur Vogel Paul 1e comp 3ème sections chambre Se Caserne Brugg 3 école. Je ne pourrai pas venir le dimanche c'est trop loin.

Au revoir Paul.

Carte postale

Brugg, le 28 octobre

Chers Parents,

Je vous envoie cette carte pour vous dire qu'il faut m'envoyer le sac à linge le plus vite possible avec ce que vous avez de préparer assez de chocolat au moins quelques sous car il ne me reste plus rien, tous les soirs on est forcé d'acheter quelque chose pour changer le goût de la nourriture, et puis on a pas trop à bouffer. On reçoit f.0,50 par jour on a la paye tous les samedis et puis m'envoyer assez à manger. L'Elise m'a aussi envoyer quelque chose en même temps que j'ai reçu le sac il y avait une boîte de sardines c'est très bon avec le pain. En attendant recevez mes meilleures salutations.

Paul

m'envoyer aussi de la carte de pain pour 1kg. ils prennent par bouts dans les magasins. J'ai toujours un peu mal à l'estomac. Bonne salutations à tout le monde chez la douce. (*)

(*) La douce = son oncle Eugène Vogel (ndlr)

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